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BELLEVUE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI enregistrer pdf {id_article}
vendredi 17 décembre 2004
par PERHIRIN Georges, Webmaster
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Pendant les six semaines qu’avait duré le siège de Brest, du 7 août au 18 septembre 1944, les armées alliées avaient bombardé Brest par avions et par artillerie. Aux derniers jours, des Allemands avaient incendié rue par rue, maison par maison, et les immeubles encore debout

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Bellevue hier et aujourd’hui
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Bellevue 2004

En plus de la perte de 18 000 logements, la ville déplorait la disparition des établissements publics, industriels, commerciaux et la destruction de son port de commerce. Quand à la rade, près de 2 000 épaves s’y trouvaient coulées.

Fin 1944, 40 000 brestois avaient regagné la ville et Brest s’installe dans le provisoire.

Ce sont donc 2 villes qui sortent de terre : celle en dur et l’autre qui, en 1949, compte 3 000 baraques, soit 4 000 logements, répartis dans 25 cités.

Le 28 juillet 1947, le sort s’acharne sur Brest. Le bateau "l’Océan Liberty", chargé de nitrate d’ammonium explose au port, endommageant au passage 10 000 logements. ( quelques photos )

La ville ne possède plus alors que 15 baraques pour faire face à 4 300 demandes de relogement. Vincent Auriol, Président de la République, avait insisté sur l’arrêt des constructions provisoires dans l’ensemble du pays, mais il avait admis que l’ampleur des dégâts causés par l’explosion du bateau créait une situation particulière, et accordé les 150 dernières baraques. Malgré tout, la vie s’organise dans les cités. L’une des plus importantes est celle de Bellevue qui regroupe 5 000 personnes sur 20 hectares.

Il existait 2 sortes de baraques :

Les baraques américaines : d’une surface de 63 m², elles avaient l’inconvénient d’être peu confortables.

Les baraques françaises : d’une superficie de 45 m², elles étaient faites de panneaux de bois.

En 1947, lors de l’achèvement de la reconstruction, il reste encore 20 000 habitants en baraques, soit 1/6 ème de la population. La démolition totale des cités est décidée et, peu à peu le béton remplace le bois.

Et pourtant, malgré une reconstruction spectaculaire, 18 000 brestois continuaient à vivre dans les baraques provisoires édifiées au lendemain d’une libération et qui remontaient à 14 ans ! Les logements sociaux manquaient et la pression de la demande démontrait déjà que le problème du logement, loin d’être réglé, irait sûrement en s’aggravant. Sur le plan scolaire, l’affluence des jeunes dépassait les possibilités. Des centaines de classes provisoires, en bois, en fibrociment, avaient dû être édifiées.

Le 29 mars 1960, le conseil Municipal, par 30 voix contre 2 et une abstention, confirma malgré tout son vote précédent en adoptant un plan masse comprenant 6 000 logements, 9 groupes scolaires, 2 églises, des centres commerciaux secondaires et un centre principal. L’opération Z.U.P. [1] était donc désormais engagée. Un effort considérable fut entrepris pour rénover les 255 Km de rues du réseau routier de l’époque et désenclaver la future Z.U.P. de Brest Bellevue.

Un peu plus loin, le regard pouvait embrasser le vaste chantier de Kergoat, envahi par le bruit des bulldozers, les cris des ouvriers travaillant à la fois à la viabilité de ce premier quartier de la Z.U.P. et à l’édification de ses premiers immeubles.

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Bellevue 2004

++++En 1961, il existait des baraques, sous forme de locaux commerciaux de surface réduite, avec un équipement médiocre et adapté à une population très modeste : Alimentation, Bonneterie, Bars, Cordonnerie, Bar tabac journaux, Bois et charbon (1), Boucherie, Coiffeur, Boulangerie.
D’autres commerces étaient recensés dans le même secteur de la future Z.U.P. :

- Alimentation
- Boucherie
- charcuterie (1)
- Alimentation
- Buvette
- Droguerie
- Bar
- Dépôt de journaux
- Boulangerie
- Pharmacie

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Hier les commerces 1948

Il n’existait aucun service, qu’il soit administratif, social ou médical, sur le terrain de la future Z.U.P. On ne trouvait que des champs et des baraques. Les habitants étaient obligés d’aller au centre - ville pour tous services confondus.

Le plateau du Bouguen restait isolé et mal desservi.

Cependant, en moins de 18 mois (janvier 1962 - juin 1963) le pont Robert Schuman, qui mit en oeuvre une technique révolutionnaire (le béton précontraint), relia, par-dessus la vallée du Moulin à Poudre, la Z.U.P. à la place Albert 1 er. Long de 220 mètres, large de 14 mètres, il ouvrit Brest à l’ouest.

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Pont Robert Schuman

Le programme de construction de la Z.U.P. en 1960 montre la volonté de créer une Z.U.P. bien desservie en services administratifs et sociaux.

Il comprenait :

Une mairie annexe, Une trésorerie publique, un commissariat de police, un centre payeur de la Sécurité Sociale, un bureau de poste, un centre E.D.F.- G.D.F. (Le centre de la Sécurité Sociale et le centre E D F- G D F fournissent à eux seuls 50% des emplois de la Z.U.P.).

De plus la Z.U.P. allait compter :

Un centre social, une crèche, un patronage laïque, Un centre info jeune, une Maison Pour Tous, une bibliothèque, deux résidences pour personnes âgées, six écoles primaires, une maternelles, et un collège.

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Bellevue 2004

La vie Quotidienne La bibliothèque : Dotée au départ d’un fonds de 8 000 livres, elle se révéla rapidement envahie et saturée. En 5 ans, de 1967 à 1971, le nombre de volumes prêtés passa de 301 999 à 561 101 et le nombre de lecteurs de 7 800 à 15 235. La bibliothèque fut inaugurée le 9 novembre 1970.

Les centres commerciaux, la Z.U.P. :

Dispose d’un centre commercial principal :

Bellevue : crée par Monsieur Chatillon, un confiseur et par un groupe de commerçants locaux. Le groupement prit naissance en 1971 sous la dénomination Brest 2 et réunit 30 membres la même année.

Et des centres commerciaux secondaires :

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Centre commercial de Kergoat
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Centre commercial de Kergoat

Kergoat : premier centre commercial construit dans la Z.U.P. Et qui ouvre ses portes en 1967 Quizac.

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Centre commercial de Bergot

Bergot : aussi appelé les Bahamas. Il fut rénové en 1991.

Kerhallet : Il en existait également un, mais en raison de sa proximité avec Bellevue, il fut supprimé et le centre E D F - G D F fut construit à sa place.-----Le centre social : Achèvement du centre social en juin 1971 et inauguration en 1972.

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Collège de Kerhallet

Le collège de Kerhallet : Brest pouvait être fier du très beau C.E.S. mis en service à Kerhallet. Avec ses 22 classes de la 6ème à la 3ème et, sa S.E.S.. Il était particulièrement réussi.

La Faculté des Sciences : C’est en juillet 1961 que commencèrent les travaux de la future Faculté des Sciences. Ils furent suivis immédiatement de la construction du restaurant universitaire et de la première cité d’étudiants. Ces 2 derniers étaient à peine achevés, qu’en 1963 était mise en chantier une nouvelle cité de 150 chambres.

La fontaine : Située rue d’Aumale, en plein centre de la Z.U.P., c’est l’œuvre de Bruno Le Bel, grand prix de Rome de sculpture. Elle fut inaugurée le 29 avril 1968 et avait pour particularité de doter le quartier de réalisations artistiques de qualité. (Une autre sculpture se trouve près du centre commercial de Quizac)

Le gymnase : Achèvement du gymnase en juin 1971 et inauguré en janvier 1972.

Le jardin Gagarine : Le 30 octobre 1970, en présence de Mr Zorine, ambassadeur D’U.R.S.S. en France et du cosmonaute Pavelpopovitch qui, sur Vostock 4, participa au premier rendez vous de l’espace, le jardin Gagarine était ouvert au public. S’étalant sur un hectare, il offrait à la fois zone de jeux pour les petits, débats pour les plus grands avec des buts et des paniers de basket, de repos et de tranquillité pour les mamans et les personnes âgées.

Kerdigemer : L’année 1970 marqua l’achèvement de Kerdigemer qui sera inauguré en janvier 1971. Il s’articulait autour d’un grand hall et du restaurant social, avec d’un côté 44 logements F1 pour les célibataires, 32 F1 bis et 4 F2 pour les ménages des jeunes travailleurs. De l’autre côté, en 3 petits immeubles, on trouvait pour les personnes âgées 32 F1 et 16 F1 bis. Le restaurant social pouvait servir 500 couverts. Les personnes âgées disposaient d’une salle à manger qui leur était propre. Le parti adopté permettait " aux anciens ", s’ils le voulaient, de se mêler aux plus jeunes. L’emplacement de Kerdigemer, à proximité d’un jardin, de la Mairie, de la bibliothèque, du gymnase, de la patinoire, était le central et propre à favoriser le maximum de contacts.

Kerlévénez : En Novembre 1971, Georges Lombard (maire de Brest) obtient du conseil municipal le feu vert pour construire une nouvelle résidence foyer à Bellevue et les travaux commencèrent en 1972.

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Bellevue Mairie

La mairie : La première pierre fut posée le 21 Avril 1967. Le 1er février 1970, la mairie annexe de Brest Bellevue fut ouverte au public. Avec sa salle des mariages de 120 m², une salle de commissions de même importance, son hall d’entrée sur lequel s’ouvraient les bureaux d’état - civil, et ceux des divers services, le bâtiment à l’architecture sobre, se prolongeait par une bibliothèque, traitée en grande salle commune. La véritable inauguration de la mairie eut lieu le 20 Mars, un mois et demi plus tard.

Le marché : Il constitue un facteur d’animation très important pour la Z.U.P. car il attire à Bellevue la clientèle de tous les quartiers de la Z.U.P.++++La patinoire : en janvier 1972, la première pierre de la patinoire fut posée. La patinoire qui, achevée, offrira une piste olympique (pour l’époque) de 50 m sur 26 m, locaux techniques, vestiaires, gradins, cafétéria, exigera à elle, un an de travaux.

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Piscine de Bellevue

La piscine : Septembre 1972 vit les travaux de la piscine de Kerhallet démarrer. 1 000m² de surface couverte, 3 vestiaires collectifs, 45 cabines, un traitement des eaux des plus modernes, un bassin de 25 mètres sur 12,5 mètres, une immense baie vitrée la caractérisera.

La P.M.I. (Protection Maternelle et Infantile) : Ouverture en juin 1971.

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Les rives de la Penfeld

Les rives de la Penfeld : Ces rives ont été essentiellement aménagées pour la promenade, le pique-nique, la détente et le sport. Ces rives ont vu rêver François René de Chateaubriand, en 1783, alors âgé de 14 ans, qui séjourna à Brest plusieurs mois. En effet, sur la rive gauche, en aval de l’île factice, la promenade Chateaubriand est signalée par une stèle en granit de Combourg.

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La sécurité sociale de Bellevue

La Sécurité Sociale : La caisse primaire de Sécurité Sociale sera ouverte début 1971. L’immeuble développait 9300 m² de surface de bureaux sur 12 étages. Destiné à abriter les services n’ayant pas de contact avec le public, il était conçu pour permettre aux 340 employés qui en avaient la charge d’y travailler dans un cadre particulièrement fonctionnel et réussi.

La station d’épuration de Brest 2 : D’une capacité actuelle de 50 000 habitants atteinte en 2 tranches de 25 000 habitants chacune en mai 1970 et juin 1979 ; la capacité maximale peut être portée à 75 000 habitants lorsque cela s’avère nécessaire. Cette usine, qui occupe une superficie de 2,2 hectares, est située à flanc de vallon entre la Z.U.P. de Kergoat et la Penfeld et reçoit par l’intermédiaire d’un réseau séparatif les eaux usées d’une partie de l’agglomération brestoise (Z.U.P. de Kergoat, Z.A.C de la Cavale Blanche), des quartiers de Penfeld ainsi que celles des communes de Guilers et de Gouesnou.++++La paroisse : Etant donné son isolement par rapport au centre-ville, les habitants du Bouguen bénéficiaient, outre des soins à domicile dispensés par les petites soeurs des pauvres de la congrégation Saint-Vincent de Paul, d’une église, d’un presbytère et d’un patronage en baraques. Pour qu’il n’y ait pas de différence sensible entre les enfants lors des communions solennelles, les aubes étaient prêtées par la paroisse.

Cependant, la construction de la nouvelle église posait des difficultés. Sous la pression de certains éléments du clergé et des laïcs, l’évêque de Quimper doit renoncer à poser la première pierre de l’église du Bouguen. Il est vrai encore que les plans de la Z.U.P. durent être modifiés, l’école libre prévue se trouvant à proximité de cette église, « ce qui aurait pu gêner les fidèles ».

Deux moments importants marquèrent l’année 1994 sur la paroisse :

Le 6 Février : La messe télévisée diffusée sur France 2 depuis l’église du Bouguen.

Le 20 Novembre : L’ordination diaconale d’Alain Troadec.

Cliquer ici pour d’autres explications

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Eglise du Bouguen
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Communions le Bouguen
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Communions le Bouguen
 

Notes

[1Zone à Urbaniser en Prioriter

[2Zone à Urbaniser en Prioriter

[3Zone à Urbaniser en Prioriter

[4Zone à Urbaniser en Prioriter