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Du Haut de la Butte Jean Louis Auffret Quartier du Polygone et Point du Jour enregistrer pdf {id_article}
mercredi 1er novembre 2006
par PERHIRIN Georges
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Avec l’autorisation De Jean-Louis Auffret auteur de cet article.Ou souvenirs d’un petit Gars du Polygone.

L’année 1946 restera gravée dans nos mémoires. Beaucoup de personnes se souviennent en effet de la construction des premières baraques du Polygone butte. La Marine nationale céda à la ville de Brest, pour la circonstance, un terrain du polygone de la marine.

Les bombardements avaient fait fuir la majorité des habitants de Brest. Ils s’étaient alors réfugiés dans les villes et départements voisins. Après la guerre, la grande priorité était de reloger ceux qui s’étaient exilés et qui souhaitaient revenir dans leur ville natale. Souvenons-nous que notre ville était à l’époque ensevelie sous les bombes déversées par les alliés à la fin de la guerre 1939/1945. A la libération, nombreux étaient ceux qui se trouvaient sans toit. Il fallait donc trouver une solution d’urgence. Brest fût donc reconstruit en grande partie en quartiers de baraques.

Les Etats-Unis et le Canada fournissaient la France en bois pour la fabrication des baraques. Plusieurs villes françaises avaient été détruites par la guerre, mais Brest fût une des plus touchées. Vingt et un quartiers (environs) furent donc construits pour la circonstance : Le Bouguen, Le Bergot, Le Bois de Sapins, Le Landais, Poul Ar Bachet, Le Guelmeur etc.... Mais celui qui marquera le plus l’histoire de la ville de Brest fût sans conteste le Polygone butte, appelé plus familièrement « Le Poly » !

On construisit aussi sur le polygone de la marine un autre quartier de baraques du nom de polygone caserne. Il était placé au bout du stand de tir et à proximité d’une ancienne caserne de gardes mobiles. Cette dernière fût transformée en lycée après la seconde guerre mondiale, remplacé ensuite par le collège des Quatre Moulins.

L’origine du nom est importante. Tout d’abord, il faut savoir qu’un polygone est un champ de tir réservé à l’artillerie. C’est pourquoi le polygone de la marine fût surnommé ainsi. Il fût érigé en 1861 et servit de terrain d’exercices et d’entraînement pour les écoles et les équipages de la marine impériale sous Napoléon III. La butte sera construite par la suite pour recevoir les cibles de tir. Le quartier de baraques prit donc naturellement le nom de polygone butte à sa création.
Dès 1868, l’esplanade du polygone de la marine servit également de premier aérodrome à Brest. Le terrain où se situe actuellement le stade du polygone fût, quand à lui, utilisé entre les deux guerres mondiales comme hippodrome sur lequel se disputèrent des courses de trot attelé fort animées. A l’origine, la construction des quartiers de baraques était une solution provisoire pour répondre aux problèmes de logement en attendant la reconstruction définitive de Brest. Mais le Polygone butte exista pendant plus de 30 ans et il ne fût livré aux démolisseurs qu’en 1976 ; la dernière baraque ne disparaissant qu’en...1984. Les premiers habitants du polygone butte étaient pour beaucoup issus du quartier Kéravel. Ce dernier situé près de l’église Saint-Louis à Brest, fût enseveli avec celle-ci sous les bombardements à la fin de la guerre.

Le grand nombre de Brestois à reloger nécessita l’agrandissement du Polygone. Un nouveau quartier baptisé « Point du Jour » fit son apparition. Malgré une petite rivalité taquine, « moi, je suis du Point du Jour ! Pas de ces garnements du Polygone butte... » Le Point du Jour fait partie intégrante de l’histoire du Poly. Tous les deux se fondant l’un dans l’autre.

Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, (ils ne doivent pas être très nombreux) le quartier du polygone butte-Point du Jour se trouvait entre le boulevard de Plymouth et la route de Guilers ou encore, entre l’emplacement du centre commercial « Carrefour » et la partie haute de la Cavale Blanche. Le quartier était également situé entre une grande butte (Côté Mesnos) et une petite butte (Côté terrain de foot-ball de la marine), le Point du Jour longeait le côté nord du Poly et descendait jusqu’à la route de Guilers.

LA VIE DANS LE QUARTIER

J’ai passé toute mon enfance dans le quartier du Polygone butte- Point du Jour. J’aime à partager mes souvenirs avec tous ceux qui ont une certaine nostalgie de cette époque. Notre quartier était un peu mis à l’écart de Brest. Je me souviens encore que le panneau de signalisation indiquant la fin de Brest s’arrêtait sur la route de Guilers quand les premières barques du Point du jour apparaissaient. Comme un ghetto qu’il fallait éviter, dont on ne voulait pas entendre parler.

Le polygone était divisé en carrés de douze baraques séparés par des routes goudronnées « parsemées » de nids de poules ! Les baraques étaient numérotées par ordre alphabétiques, le point de départ se situant près de l’école primaire. Par contre, le Point du Jour pour se différencier était partagé en parcelles de six baraques. De nombreux commerces apparurent dans les années cinquante. Dix neuf furent recensés : Quatorze au Polygone et cinq au Point du Jour. Bien sûr à l’époque le crédit était chose courante, on achetait « à croum. » et on remboursait à la fin du mois ou bien ...plus tard quand il y avait une entrée d’argent bienvenue comme les allocations familiales par exemple ! Les commerces donnaient beaucoup de vie au quartier. -----

Les Commerces

Il y avait :
Neuf alimentations générales ;

A côté de l’école : Martina, Le Berre (Qui n’y a pas un jour ou l’autre chapardé un carambar !?).

Route du milieu : Bénard (dit Tit père), Berrou, Richard, Les Docks de L’Ouest.
A côté de la butte : Sévillon.
Point du jour : Capitaine, Le Bot.

Deux bistrots ;

A côté de l’école : La Boule d’or (Rendez-vous des amateurs de cartes ou de dominos).

Route du milieu : Bénard (dit Tite mère).

Deux boulangeries ;
A côté de la butte : Tanguy.
Point du jour : Alix.

Deux boucheries ; Route du milieu : Coat.
Point du jour : Douchy.
Une charcuterie ;

Route du milieu : Gouriten (son appétissant lard cuit et ses délicieuses crosses nous manquent encore).

Une poissonnerie ; Point du jour : Bichette (qui allait à la rencontre des clients avec son poisson et ses coquillages étalés sur le plateau de sa voiture à bras).

Un charbonnier ;A côté de l’école : Vern puis Thomas.

Une crêperie ;
Route du milieu. C’était un véritable dans la ville, dans lequel les activités ne manquaient pas.

Le logement

Trois mille habitants
logeaient au Polygone butte et au Point du Jour dans près de cinq cent baraques. La surface d’une baraque traditionnelle était de 45 M 2. Elle se composait de trois pièces : une cuisine et deux chambre (séparées par un couloir) ; deux portes, une donnant sur le dehors par le couloir, l’autre pour accéder au cagibi qui était à l’extérieur. Le sol du cagibi était en terre battue. Il servait de W.c., de réserve à charbon, de rangement du vélo et de débarras d’objets divers.

Démunis de tout après la guerre, les premiers habitants du quartier appelés les sinistrés, avaient reçu de la mairie du mobilier très rustique. Celui-ci était identique pour tout le monde (pas de jaloux) et permit de meubler les trois pièces du logement. Dans la cuisine, un tuyau était prévu pour l’installation d’une cuisinière à charbon ou d’un poêle. On pouvait ainsi se chauffer et cuire nos repas. Je ne me souviens pas avoir eu froid dans ma baraque, malgré les longs glaçons qui pendaient sur le bord des toits, certains hivers. Quelques années plus tard, la mairie fit installer une cheminée en ciment sur le toit de la pièce du milieu qui servait de cuisine, à la place du tuyau de poêle existant.

Nous n’avions pas d’eau courante dans les baraques. Il fallait aller la chercher aux différentes pompes disséminées aux quatre coins du quartier à l’aide de seaux ou de brocs ; L’eau courante ne fit son apparition qu’au début des années cinquante seulement. On vivait pour la plupart à six ou huit dans une baraque. Nous n’étions pas malheureux pour autant. Pour les couples sans enfants, la baraque était alors partagée en deux : un couple habitait une pièce, le second en occupait les deux autres. Certains Polygonais avaient su aménager leur intérieur avec beaucoup de goût. Preuve en est qu’avec peu de choses, on peut faire beaucoup. On pouvait voir des jardins joliment fleuris devant les baraques, ce qui donnait de la gaieté à un environnement parfois austère. Pour améliorer l’ordinaire, quelques habitants élevaient aussi des lapins dans des clapiers. Certains louaient même des petits jardins ouvriers, situés entre le Polygone et le stade de la route du Valy-Hir, et cultivaient toutes sortes de variétés de légumes. Presque tous les jardins possédaient son épouvantail à moineaux qui terrifiait certainement plus les enfants que les oiseaux eux-mêmes.

Le Loyer

Tout le monde ne payait pas son loyer, loin s’en faut, pourtant il s’agissait d’une somme très modique, mais à l’époque le paiement systématique des loyers n’étaient pas encore entré dans les mœurs, et on oubliait facilement de s’acquitter de cette obligation. Mais plus tard lorsque des familles du Poly et du Point du jour voulurent aller goûter le confort dans les nouveaux quartiers en « Dur » qui fleurissaient à Brest, on leur demanda alors de régler tous les arriérés des loyers non payés. En cas de refus, l’attribution du nouveau logement était remise en question. Heureusement avec le M.R.L. local (Ministère de la Reconstruction et du logement) on parvenait toujours à trouver une solution.-----

La vie au Quotidien

Le Bus passait par la route principale dite « la route du milieu » On pouvait y trouver également un centre commercial (ce qui est un bien grand mot !). le point de ralliement était « chez Bénard » où on pouvait s’approvisionner en tout, de la chopine de vin rouge au quart de beurre (quel luxe !) en passant par le paquet de bois résiné servant à allumer la cuisinière.
Les mères de famille envoyaient rôtir certains plats chez Tanguy qui les enfournait dans l’imposant four de sa boulangerie. (Une bonne occasion pour se faire payer un petit pain ou une barrette de chocolat poulain, très appréciés).
A l’époque, les automobiles n’étaient pas très nombreuses. Elles appartenaient en général aux commerçants. Je me souviens des reluisantes « tractions avants » de messieurs Gouriten, Bénard et Richard ; ce dernier m’avait un jour embarqué dans sa voiture, côté chauffeur. Ce jour-là, j’étais le plus fier des gamins, heureux comme un pape !
Le quartier possédait trois lavoirs municipaux, couverts s’il vous plait ! Un au Polygone, deux au point du jour. Les places étaient toujours réservées. Quelques mères de famille passaient des journées entières à commenter avec passion les nouvelles du quartier, (à laver le linge aussi, bien sûr). On les appelait les commères du lavoir.

On mangeait pratiquement tous à notre faim. Pour les plus démunis, le bureau de bienfaisance de Brest délivrait des bons d’alimentation pour s’approvisionner chez madame Berrrou. Autrefois, les expressions comme « Une banane remplace un bifteck ! » ou « Tu as faim ? Mange ta main et garde l’autre pour demain ! » Ou alors « Qui dort, dîne ! » Étaient souvent employées. Aujourd’hui elles peuvent faire sourire, mais il nous arrivait de les prendre au sérieux. Le fameux ragoût de pompier (ragoût sans viande) n’était pas non plus une galéjade.

La mairie annexe des quatre Moulins avait délégué, en cas de besoin, un assistant social connu de tout le monde : monsieur Talarmain qui traversait sur son vélo, ses sacoches pleines de dossiers, chaque jour le quartier dans tous les sens. Mais par fierté, on avait rarement recours à ses services.

Quand le grand magasin de vêtements Sigrand rouvrit vers 1950, rue de Siam, il fit œuvre de charité et invita pour soigner sa publicité plusieurs jeunes du Polygone et du Point du jour à venir s’habiller (gratis ». on se retrouva vêtu e neuf de la tête aux pieds, en complet veston-pantalon golf, le cou serré par une cravate écossaise maintenue avec un élastique.

Les voisins entre eux étaient solidaires ; un jour l’un allait emprunter un bouquin « spécial police », le lendemain l’autre s’enquérissait d’un roman photo, genre très prisés en ce temps là. S’il nous manquait d’un peu de sel, ou d’autre chose, on pouvait toujours compter sur un proche. On Savait qu’un jour ou l’autre, on pourrait lui rendre la pareille. La solidarité de l’époque n’avait rien de comparables avec celle d’aujourd’hui. Elle était véritable, sans arrière pensée, elle faisait partie de notre vie tout simplement. Pas besoin de nourrice pour garder les gosses, il se trouvait toujours une voisine disponible.

Bien sûr, je dois reconnaître que certains de nos anciens avaient un Léger penchant pour la divine bouteille, mais que du rouge, du véritable douze degrés, pas de ces alcools forts réservés aux « bourgeois » de l’époque. Dans le quartier il y avait bien entendu quelques « durs », mais il ne se passait jamais vraiment rien de dramatique. Les éventuelles bagarres, extrêmement rares, se disputaient à coups de poings ou à la savate, pratiquement jamais à l’arme blanche et encore moins aux armes à feu.

Les personnages marquants

Les figures emblématiques existaient dans le quartier. Qui ne se souvient (suivant son âge bien sûr) :
De Tit Jésus ? Il venait du quartier Kéravel et finit ses jours au Polygone après guerre. Tous les matins, il partait vendre ses fameuses brioches sur les plages Brestoises.
De Louis XIV ? Elle était surnommée ainsi à cause de son imposante chevelure, semblable à celle du roi soleil. Les enfants prenaient un vilain plaisir à jeter des cailloux sur sa baraque et Louis XIV sortait alors de chez elle en poursuivant les gosses qui détalaient à toute vitesse.

De Claudine ? Avec son visage fortement grêlé et son nez en chou-fleur, elle nous racontait ses passionnantes histoires près de la chapelle.

De Bibi ? Le caïd des Nords Africains du quartier (ceux-ci habitaient près de la butte dans les baraques dites de « dépannage », qui paradait fièrement au volant de sa flamboyante D S 19. DE Lina ? Elle déambulait sans faire de bruit dans le quartier avec sa quille de rouge sous le bras, mais savait rester toujours digne. Et de nombreux autres personnages tous éminemment sympathiques, mais la liste serait bien trop longue à citer. -----

Les divertissements

Enfants, nous allions rarement à Brest. A six ans, je me souviens de m’être aventuré jusqu’à Quéliverzan avec des copains. J’avais été très impressionné par les grandes maisons en ciment qui se présentaient devant nous et par les militaires qui montaient la garde près de la caserne Fonferrier à l’emplacement actuel de la cité Assolant. Nous sommes vite retournés nous réfugier dans nos baraques.

On jouait beaucoup au foot-ball sur les routes, à touche-touche, aux gendarmes et aux voleurs, à cache-cache, aux billes, à la corde, au carré d’avion ; des jeux complètement différents de ceux d’aujourd’hui. Lorsque la saison des courses cyclistes arrivait, on s’amusait au « tour de France » ; (nous n’étions pas beaucoup dérangés par la circulation, en dehors de quelques troupeaux de vaches qui passaient par là pour aller brouter dans les champs avoisinants).
On traçait alors à la craie un circuit sur la route. Ce jeu consistait à faire avancer avec le bout de l’index ou du majeur, en s’appuyant sur le pouce, des capsules de bouteilles. Elles étaient toutes plus belles les unes que les autres. Nous découpions des ronds de papier pour y inscrire le nom de nos coureurs favoris puis on crayonnait les couleurs des équipes régionales ou nationales ; nous coincions alors ces « maillots » à l’intérieur des capsules.
Certains jeunes confectionnaient des « blettes » pour aller à la chasse aux oiseaux. Il suffisait de couper une branche d’arbre ayant la forme d’un « y » et d’y joindre deux gommes carrées séparées par un morceau de cuir tenant le projectile (gomme en caoutchouc achetées chez Baron, maintenant la galerie des Quatre moulins).
On savait maintenir les traditions. Tous les ans se déroulait le feu de la Saint Jean à des endroits différents du quartier. Les plus hardis s’amusaient à sauter par-dessus le feu au risque de tomber dans les flammes. Il y avait aussi, les soirs d’été, le jeu du bonnet sur les routes. Les grands matches de foot-ball avaient lieu dans le champ à Marc.
Au printemps, le soir venu, la chasse aux hannetons battait son plein autour des baraques. On attrapait les hannetons pour les mettre dans des boites d’allumettes percées de trous et remplies d’herbe afin de permettre aux insectes de respirer et de se nourrir. La police effectuait ses rondes avec son fameux et redouté (pour les adultes) « panier à salade » ; quand il apparaissait dans le quartier, tous les gosses abandonnaient leurs occupations et couraient après le fourgon en hurlant. Un passe-temps parmi tant d’autres, mais un des préférés des enfants. Il fallait voir le nombre de gamins réunis autour du car de police quand il était à l’arrêt.
Il nous arrivait souvent de monter sur la grande-butte, maintenant baptisée pompeusement par d’Eole. Là-haut, nous dominions tout le quartier et les environs. Par derrière on pouvait apercevoir le petit village de Mesnos ainsi qu’un bois qui montait vers Kéranroux. Nous aimions fouiner dans les blockhaus, vestiges de la guerre, construits dans la butte elle-même.
On allait souvent jouer à la « Tite guerre » dans les nombreux souterrains du fort du Questel, ceux-ci n’avaient plus de secret pour nous, on les connaissait par cœur. Attention toutefois de ne pas marcher sur les nombreuses « sentinelles » postées aux entrées ! Sur les longues routes en ciment, construites par les Allemands pendant le deuxième conflit mondial et qui menaient au fort du Questel, on pouvait admirer quelques « grands » du quartier roulant à toute allure sur des traîneaux (planches en bois montées sur des roulements à billes). C’était très impressionnant de voir à la vitesse à laquelle ils filaient dans les descentes.
Nous faisions également des escapades à la Penfeld. Nous allions pêcher le tacaud sur un chaland échoué pendant la guerre en bas de la chapelle jésus. Nous en profitions pour s’interpeller à grands renforts de gestes avec les gars du Bouguen visibles de l’autre côté de la « Penfeld ».
Sur les chemins, on avait la mauvaise habitude de dénicher les nids perchés dans les branches d’arbres. Ces petites maisonnettes construites patiemment et avec beaucoup de délicatesse par les oiseaux nous laissaient béat d’admiration devant la qualité du travail effectué.
De temps à autre, dans les champs situés en bas du point du jour, on s’aventurait à l pique aux pommes ; cela nous procurait des diarrhées retentissantes, mais on était heureux d’avoir pu jouer aux gendarmes et aux voleurs avec les paysans. !
Pour la capture des vairons, notre lieu de pêche favori se trouvait sur les bords de l’étang de la Villeneuve près du dépôts des équipages de la flotte.
Il nous arrivait aussi d’aller récupérer les douilles en laiton des balles que tiraient les marins au stand de tir. Nous allions ensuite les vendre chez L’Hermitte au port de commerce pour nous faire un peu de monnaie. Tout était bon à l’époque pour se procurer quelque argent de poche.
Le jeudi, jour de congé scolaire, était souvent réservé au cinéma ; pour ceux qui pouvaient se le payer bien sûr. Le plus proche se trouvait aux Quatre Moulins à l’Olympia. On y voyait les plus beaux films du moment : Sissi, Tarzan, Zorro... mais à notre âge, les filles nous intéressaient souvent bien plus que le spectacle qui se déroulait sur l’écran.
Le week-end, dès que les beaux jours arrivaient, le café Bénard organisait des concours de galoche. Ce jeu avait beaucoup de succès et Gaby Le Borgne, une figure bien connue, originaire lui aussi du quartier Kéravel, montrait toute sa savante technique dans le lancer du palet en descendant la pinoche placée une quinzaine de mètres au-delà, à presque tous les coups.

Les vieux métiers

Les vieux métiers avaient droit de cité au Polygone : On y rencontrait le vitrier prêt à remplacer les carreaux cassés à la demande ; il portait ses vitres sur le dos et marquait son passage en criant de toutes ses forces « Viiiitrieer... ».
Il y avait aussi la marchande de pilloux qui avançait sa poussette en quémandant de vieilles fringues que les gens ne mettaient plus, pour les revendre au port de commerce. Elle poussait des stridents « maaarchaaan d’pillouuuux ».
La crémière toute habillée de blanc, avec son calot vissé sur la tête, vantait à pleins poumons son fromage frais aux habitants tout en avançant sa voiture à bras.
Le cantonnier bichonnait les fossés près de chez Bénard de façon à ne pas s’en trouver trop éloigné, pour aller boire un « rouge à 15 » entre deux coups de binette, en cas de soif inopinée.
Madame Page quand à elle, livrait ses bidons de lait transportés sur une charrette traînée par un puissant cheval, tôt le matin, aux habitants du quartier quelque soit le temps.
Il y avait aussi les nombreux marchants de journaux qui passaient à travers les baraques pour proposer à la ronde « Ouest-Matin » ou « L’Humanité ».
Sans oublier le populaire Tutur Heindrick, ancien coureur du tour de France, qui aiguisait les couteaux et les ciseaux usagés sur sa drôle de machine de rémouleur.
Le sympathique Roger, facteur de son état, était sûrement un des personnages les plus estimés, surtout quand à la fin du mois, il distribuait les allocations familiales en espèces sonnantes et trébuchantes aux mères de famille. Il s’en retournait toujours avec un excellent pourboire et doublait certainement son salaire ces jours là. Mais la vue de son uniforme n’était pas la bienvenue pour tout le monde, en particulier pour les chiens ! Le chômage ne faisait pas partie des grandes préoccupations de notre époque. En effet les hommes du quartier travaillaient pratiquement tous. Souvent ils étaient dockers au port de commerce ou alors caréneurs à l’arsenal ou bien ouvriers du bâtiment.

Anecdotes

J’habitais près de chez Bénard. A côté, il y avait une place souvent occupée par le parti communiste local pour ses réunions. Le parti avait à sa tête Edouard Echardour. Ce dernier, très célèbre dans la région, habitait le Polygone. Les meetings du parti communiste se déroulaient sur la place le samedi soir. Je suivais ainsi, tout au long des semaines, les différentes étapes de la vie politique du pays. En ce temps là, elle était très mouvementée car la guerre d’Indochine puis ensuite la guerre d’Algérie mettaient en ébullition tout le pays.

Je me souviens d’une anecdote qui s’était passée après la parution sur les écrans de cinéma, du film « Les chiffonniers d’Emmaüs ». Elle marqua mon enfance. J’avais été voir le film à l’Olympia. Peu de temps après, l’abbé Pierre, fondateur de la communauté, avait effectué un voyage à Brest pour inaugurer à Quéliverzan la cité d’urgence, qui portait également son nom. Il avait profité de sa visite pour faire une escapade au Polygone et au Point du jour, et bien sûr tous les gamins étaient à ses trousses. J’étais parvenu à lui parler pour lui dire que je l’avais vu dans le film. Avec beaucoup de gentillesse, il m’avait expliqué que cet homme que j’avais vu n’était autre qu’un acteur.

Un fait divers marqua le début des années cinquante. Peu de temps après les dures grèves ouvrières qui avaient défrayé la chronique à cause de la mort tragique d’un militant syndicaliste ouvrier à Brest, des C.R.S. s’aventurèrent en patrouille dans le quartier. En les apercevant, un groupe de femmes se mirent à les pourchasser en les abreuvant d’insultes. Les policiers se réfugièrent rapidement sur la grande butte et réussirent à échapper ainsi à la meute menaçante.

La mise en place du premier téléphone public dans le quartier mérite aussi d’être racontée. Il avait été installé près de la chapelle. Des mômes évidemment en avaient profité pour faire des plaisanteries. Réussissant à faire fonctionner l’appareil, ils appelèrent le curé du Polygone qui se trouvait dans le presbytère, « allo ! Monsieur Pelle ? Ici Jésus ! ». L’abbé était alors sorti précipitamment de chez lui, tout affolé, se demandant qui pouvait l’appeler ainsi, peu habitué à recevoir des coups de téléphone.

Le Bus

A la création du quartier, le bus ne venait pas jusqu’au polygone. Il fallait pour se rendre à Brest, en ville comme cela se disait, aller prendre le trolley aux Quatre Moulins. On coupait par le raidillon (situé au dessus de la route longeant le stade de la marine) pour gagner du temps. Le trolley-bus, avec ses deux perches alimentées par des rails électriques aériennes, nous envoyait alors jusqu’à la place de la Liberté, appelée aussi la Cité (dénommée également les Glacis par nos anciens).
Ce n’est que plus tard en effet que le bus desservit le quartier. Il Partait de l’arrêt principal, près de la baraque de chez Hallégot, pour aller jusqu’à la cité. Quelques années après, la ligne s’étendit jusqu’aux Quatre Chemins, près de Kérichen.
Suivant la longueur du trajet, on donnait au receveur deux à cinq tickets, qu’il validait à l’aide de la petite manivelle de sa machine à enregistrer. L’entrée du bus se faisait par la porte arrière et la sortie par la porte se trouvant près du conducteur.

La mauvaise réputation

La presse locale de l’époque ne faisait pas beaucoup d’éloge des habitants du Polygone et du Point du jour ; il est vrai qu’il y a eu quelques incidents plus ou moins graves, mais pas plus que dans les autres quartiers de la ville.
Toutefois, l’insistance sur les faits sans importances nuisait à l’image du quartier. On se souvient tous des articles dans « La chronique du douze degrés » ou dans « les incursions du panier à salade ». Les journaux relataient souvent des faits divers qui, aujourd’hui, seraient sans intérêt.
Les critiques fusaient au moindre problème et accentuaient la mauvaise réputation des habitants du Polygone et du Point du Jour. Malheureusement, les associations, n’existaient pas comme maintenant, personne ne nous défendait. On était montré du doigt et parfois nous avions presque honte d’habiter le Polygone. Certains, pour ne pas voir les portes se fermer devant eux appelaient leur quartier « Le Polygone de la marine ».-----

La vie scolaire

L’école publique du Polygone butte-Point du jour fut construite en 1949. La maternelle dans un premier temps, la primaire dans un deuxième temps. Elle accueillit des milliers d’enfants jusqu’en 1975, année à laquelle elle fut définitivement fermée. En attendant l’ouverture de l’école du Polygone, les enfants du quartier devaient pour se rendre à l’école la plus proche, aller aux Quatre Moulins, où se situe maintenant une bibliothèque municipale. J’ai commencé ma scolarité à l’école maternelle des Quatre Moulins puis comme beaucoup d’autres enfants, j’ai rejoins celle du Polygone dès son ouverture.

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Quartier du Polygone
Ecole Maternelle du Polygone.

Les Différentes classes

Ma première maîtresse, je n’ai pas retenu son nom, m’a laissé un très bon souvenir. Elle nous racontait de très belles histoires comme « la chèvre de Monsieur Seguin » avec ses moustaches de sous-officier (la chèvre), ou le récit « le sous préfet aux champs ». Madame Pérennès, une des premières femmes de service de la nouvelle école maternelle, était également très appréciées des jeunes écoliers.
A six ans, comme tous les enfants de mon âge, j’ai rejoins la grande école, « la primaire », qui ne représentait alors que la petite cour. Par la suite, d’autres classes furent construites pour constituer l’école définitive. On peut deviner l’emplacement de l’école, près du terrain de foot-ball du Polygone qui borde le boulevard de Plymouth, par les quelques ruines subsistantes.
Au début des années cinquante, les instituteurs et institutrices de l’époque s’appelaient madame Baron, monsieur et madame Plassard, monsieur et madame Bignard et ils avaient à leur tête monsieur Simon, directeur très respecté, et craint par tous les élèves. J’ai débuté au cours préparatoire chez madame Baron, je crois que tous les garçons de la classe étaient amoureux d’elle car elle était très jolie. Elle nous distribuait les précieux « Bons Points » si on était sage ou si on répondait bien aux questions ; plus on en avait, plus on était fier.

Elle nous apprenait à lire sur le fameux livre « A, I, O, U » ; Les plus grands se moquaient de nous par un « bise à la carotte » en frottant leurs deux index, malicieusement. On en avait presque honte de ce livre.
En C.E.2, enseignait monsieur Bignard. Il n’hésitait pas à mettre un bonnet d’âne sur la tête des cancres et à les faire tourner autour de la petite cour sous les sobriquets des autres élèves Il nous enseigna les règles de grammaire, à savoir par cœur, et si ce n’était pas le cas, on les copiait des centaines de fois jusqu’à ce qu’elles nous rentrent dans le crâne. La division, la plus célèbre règle les nombres complexes nous ont fait souffrir également A proximité de la classe du C.E.2 se trouvaient les pissotières ; une odeur tenace d’urine flottait toujours dans l’air. Notre jeu favori, à nous les garçons, était de pisser le plus haut possible et à repérer la marque du record à battre. L’apothéose était à son comble lorsque le jet de pisse passait par-dessus le mur de la pissotière. Quel exploit !

La grande cour fit son apparition en 1952 et avec elle, de nouveaux maîtres et maîtresses apparurent. Ils avaient pour nom monsieur Castel, monsieur Plantec, monsieur Le Treut, monsieur André et plus tard monsieur Pellaé et monsieur et madame Hergouach. Les classes allaient jusqu’au certificat d’études primaires. La classe du « certif. » était dirigée par monsieur Le Treut. Plus tard, il prit en charge une nouvelle classe baptisée « cours supérieur ». Qui préparait le concours d’entrée en sixième dans les collèges techniques, lycées ou cours complémentaire. Ce dernier, construit en panneaux préfabriqués, était situé le long du stand de tir entre le stade de la marine et le Polygone caserne.
Dans la grande cour régnaient des petits chefs respectés, et parfois quelques bagarres sans gravité mais ardemment disputées avaient lieu en cachette des instituteurs.

Il y avait aussi des matches de foot -ball très acharnés sur le bitume de la cour, avec une petite balle pas plus grosse qu’une balle de tennis ou avec un ballon de caoutchouc crevé. Les filles, quand à elles, jouaient à la corde en chantant joyeusement les refrains à la mode tel : « le marin que j’aime n’est pas loin d’ici, il est à Marseille ou en Italie... », Au carré (la marelle) ou à la ronde.
« A le salade qui traîne » avait également beaucoup de succès ; c’était un jeu qui convenait aux garçons comme aux filles, l’école étant évidement mixte.

Les maîtres, revêtus de leur traditionnelle blouse grise et coiffés de leur fringant chapeau mou, profitaient de la récréation pour se relaxer et faire les cent pas dans la cour, tout en nous surveillant attentivement du coin de l’œil.
Monsieur Castel qui était chargé occasionnellement du sport à l’école, en plus de son métier d’instituteur, fit une sélection des meilleurs footballeurs en herbe qu’il repérait dans la cour ; il les inscrivit dans le championnat U.S.E.P. (Union Sportive des Ecoles publiques) et quelques matches très disputés eurent lieu sur le terrain de foot de la marine contre des écoles voisines.

En C.E.1, j’ai eu comme maître le directeur de l’école, monsieur Simon.
Je croyais qu’il était très riche parce qu’il habitait un bel appartement dans un immeuble neuf en face de « chez Guillou » (actuellement le bar de la Cavale). En fait, j’ai su plus tard qu’il s’agissait de son logement de fonction.
Monsieur Simon savait se faire respecter de tout le monde. Les autres instituteurs n’hésitaient pas envoyer leurs élèves indisciplinés chez lui. Le directeur avait en effet un moyen de persuasion très efficace ; il prenait entre le pouce et l’index les quelques cheveux qu’on avait au dessus de l’oreille et se mettait à nous les secouer. Il fallait faire très attention de ne pas tomber sous sa coupe car on pouvait passer un mauvais quart d’heure en sa compagnie. Mais il nous aimait beaucoup et il invita plusieurs élèves à venir faire de la barque chez lui à Carantec, l’été venu. Plus tard, il devint maire de cette commune.

Je me suis retrouvé ensuite en C.M.1 chez monsieur Plassard. C’était l’année ou Pierre Mendès France devint Président du conseil dans le pays. Pour venir en aides aux éleveurs, car il y avait eu un surplus de lait au quota prévu, le chef du gouvernement entreprit de faire distribuer à tous les écoliers de France et de Navarre le supplément de lait. C’est ainsi que tous les après-midi à la récréation, nous allions tous boire notre bouteille de lait « made in Mendès-France » dans une des classes de l’école réquisionnée pour la circonstance. Monsieur Plassard était très intransigeant pour les rédactions. Il nous apprit avec assiduité « les introductions, les sujets et les conclusions ».

Quand nous étions sages, il nous récompensait en nous récitant les fameuses histoires de « Delphine et Marinette » tirées des « contes du chat perché ». Ce devait être un excellent conteur car tous les élèves de la classe étaient captivés par les récits qu’il nous narrait. Nous étions très déçus quand il terminait les aventures de nos deux héros, mais fort heureusement il y avait toujours une suite. De temps en temps, monsieur Plassard nous jouait des morceaux de musique avec son violon. Nous écoutions alors religieusement les quelques notes jouées de façon remarquable.

Ensuite, je suis passé directement avec trois camarades dans la classe de monsieur Le Treut pour passer le concours d’entrée en sixième. L’instituteur préparait également les élèves qui allaient avoir quatorze ans à l’examen du certificat d’études primaires ; un examen très important car généralement, il était synonyme de fin de scolarité. En cas de réussite à l’examen, la tradition était d’offrir un vélo à l’élève. (Souvent d’occasion ou bricolé).

La proclamation du résultat du certificat d’études était un véritable cérémonial.
Les résultats, fin juin, étaient diffusés au moyen d’un haut-parleur par un instituteur de « la communauté » à Recouvrance. Des centaines de jeunes des écoles avoisinantes attendaient dans la cour patiemment et avec anxiété. Quand un candidat entendait son nom, c’était un hurlement de joie. Dans le cas contraire, les recalés regagnaient leur domicile tête baissée.
Quand à ceux qui passaient le concours d’entrée en sixième avec succès (j’ai passé le mien au lycée de Saint-Marc pour pouvoir entrer au collège technique), la tradition voulait qu’on fasse le tour des parents d’élèves afin d’effectuer une quête pour acheter un cadeau au maître qui nous avait si bien préparé.
Par la suite monsieur Le Treut s’occupa uniquement du cours supérieur et monsieur André prit en charge la classe du certificat. Quelques instituteurs et institutrices pour arrondir leurs fins de mois créèrent les études facultatives du soir, cela soulageait les parents et nous aida considérablement dans la préparation de nos leçons et devoirs

Remise des prix

A chaque fin d’année scolaire, les premiers de la classe avaient droit à un prix. Il s’agissait d’un livre dédicacé, accompagné souvent d’un livret de caisse d’épargne, avec une première dotation d’une valeur de deux ou cinq francs offert gracieusement et généreusement par la ville de Brest.
La cérémonie avait lieu sur la scène du patronage laïque des Quatre Moulins en présence du représentant de l’inspecteur et de tous les instituteurs et institutrices de l’école. Tout cela devant un public très ému de parents et d’amis de l’école du Polygone.

La cantine

Ce fut un moment très important quand, quelques années après la construction de l’école, on édifia une cantine (cela coïncida avec la mise en place du portique. Quelle chance ! On allait pouvoir monter à la corde).
Avant la sortie de terre de la cantine, les élèves du Polygone et du Point du jour ne pouvant pas manger chez eux le midi, allaient prendre des forces à la cantine de l’école des Quatre Moulins.
Monsieur Simon, qui s’occupait de la gestion des repas, nous donnait un jeton en ferraille et nous partions en groupe à pied direction « les Quarte Moulins. ».
Dès son ouverture, la cantine s’avéra être un véritable succès. Il faut dire que beaucoup d’élèves, vu le salaire du père, avaient droit à la cantine gratuite et toutes les places étaient réservées à l’avance. L’instituteur de service quand à lui, mangeait seul sur une table à l’entrée du réfectoire pour nous surveiller

La fête des écoles
Quel évènement ! Cette fête réunissait toutes les écoles publiques de Brest à la fin de l’année scolaire en un gigantesque et grandiose défilé à travers les principales artères Brestoises. Il se terminait par le lendi (mouvements d’ensembles effectués par les élèves) sur la pelouse du terrain de foot-ball du stade de Ménez Paul. Tous les Brestois étaient de la fête pour cette cérémonie très populaire. Les petites filles étaient habillées pour l’occasion d’une petite jupette bleue, de socquettes blanches, d’un chemisier blanc et coiffées de rubans rouges noués dans les cheveux avec beaucoup de délicatesse par les mamans. Les garçons quand à eux, étaient vêtus d’une chemisette blanche et d’un short bleu avec les tennis de la même couleur. Le porte-monnaie des familles s’en ressentait mais il fallait que le rejeton soit le plus beau possible et qu’il fasse honneur aux parents.
Les préparatifs de la fête commençaient plusieurs mois à l’avance. On allait s’entraîner sur la piste en cendrée du stade de la marine en chantant au pas cadencé sous la houlette de monsieur Plassard. Il s’agissait de donner la meilleure image possible des élèves du quartier aux nombreux spectateurs devant lesquels on allait défiler.
Pour conclure sur ce paragraphe sur l’école, je peux sans aucun risque prétendre que pratiquement tous les anciens élèves gardent un très bon souvenir des instituteurs et institutrices ; ceux-ci connaissaient nos problèmes, et très motivés, ils ont tout fait pour qu’on puisse s’en sortir. J’ai revu avec un très grand plaisir monsieur Le Treut à la fête du Polygone, organisée à la pentecôte 1995, il avait toujours bon pied, bon œil.
Je me souviens également de madame Bolzer, une femme de service très dévouée de l’école maternelle, qui torcha de nombreux gosses du quartier.
Plus tard elle exerça à l’école de Kérourien, quartier où se retrouvèrent « en dur » beaucoup de Polygonais.-----
La vie religieuse

Il n’était pas prévu au moment de la construction du Polygone et du Point du jour, un endroit pour la célébration des cérémonies religieuse. La chapelle et le presbytère ne durent édifiés que bien plus tard.
Beaucoup d’enfants du quartier devaient donc pour faire leur catéchisme, se rendre au presbytère de Saint Pierre Quilbignon. L’abbé Manis issu de cette paroisse s’occupait fort bien des ouailles du Polygone. Il n’hésitait pas à retrousser sa soutane pour jouer au foot à l’occasion avec les jeunes.

L’abbé Pellen

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Quartier du Polygone La vie Religieuse.
Le père Pellen avec les jeunes filles communion

Le premier curé du Polygone butte-Point du jour fut l’abbé Pellen. Dès son arrivée, la vie des jeunes changea en grande partie car il prit à cœur sa mission et organisa beaucoup de manifestations qui nous étaient jusqu’alors totalement inconnues
A l’occasion de certaines fêtes religieuses, l’abbé Pellen organisait des processions dans les principales rues du quartier. Des milliers de pétales de fleurs jonchaient le sol en parterres tous plus beaux les uns que les autres. Les fidèles suivaient alors le parcours fleuri.
J’ai perdu très tôt mes parents. C’est à partir de ce moment là que je me suis rapproché du Père Pellen. Parfois le soir, nous mangions ensemble avec mon frère, au restaurant du débit vert. J’ai fait grâce à lui ma confirmation et ma communion en même temps, sans aucune préparation, n’ayant pas fait de catéchisme. L’abbé Pellen avait comme adjoint l’abbé Jullien ? Détaché de la paroisse du Bouguen, qui le seconda avec beaucoup de brio et d’efficacité.

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Quartier du Polygone Fête religieuse
Jour de Communion avec les gosses du Polygone et l’abbé Pellen.

Le Polygone se métamorphosa sous l’impulsion des deux curés. La chapelle était remplie le dimanche matin pour la messe.
Dès l’apparition des beaux jours, l’abbé Pellen organisa des excursions en car tous les jeudis. On partait pour la journée sur les plages des alentours et cette heureuse initiative remporta beaucoup de succès. Il créa aussi des camps d’été pour les jeunes du Polygone, à la forêt de Fouesnant, au Vougot, au Conquet...
Son initiative ne s’arrêta pas là. En effet, il institua dans le quartier la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) et les retraites (séminaire qui réunissait les jeunes pour les faire méditer sur leur foi chrétienne). L »abbé Pelle, invita l’évêque de Quimper et du Léon pour une visite de la paroisse. Je me souviens encore de cette notabilité religieuse avec sa mitre sur la tête et sa crosse dans la main. Il faisait embrasser son anneau pastoral (autrement dit sa bague), devant la chapelle, aux Polygonais tous étonnés.

L ’abbé s’intéressait beaucoup aux jeunes et mettait à leur disposition une pièce du presbytère. Aujourd’hui, on appellerait cette pièce une maison de jeunes. Tous les soirs au rythme d’un tourne disque, on dansait entre nous jusqu’à tard dans la nuit, le twist ou le madison. C’était un homme remarquable, plein de bonne volonté. Il construisit de ses propres mains le clocher de la chapelle.
Le souvenir du Père Pellen reste marqué pour toujours dans les mémoires des Polygonais de ma génération.
Quand il quitta le quartier, il partit naviguer sur les bateaux de la marine marchande à travers le monde, comme aumônier. Il passa par la suite sa retraite et le reste de sa vie à Saint Pabu, son pays natal.

L’abbé Jaouen

Un autre curé marqua fortement de son passage le Polygone et le Point du jour : l’abbé Jaouen. Prêtre ouvrier, il continua dans un premier temps, avec succès, aidé par le père Ilien, l’œuvre de l’abbé Pellen puis s’occupa par la suite principalement des plus défavorisés. Fondateur de l’association « Les chaînes brisées » qui œuvrait pour la réinsertion des jeunes délinquants, il partagea la vie des plus humbles. Je l’ai vu sur un bateau de la marine nationale, nettoyant les soutes à mazout, sortant des doubles fonds tout dégoulinant de cambouis et de sueur.
Le père Jaouen s’était fait embaucher comme caréneur pour mieux connaître les conditions de vie des gens exerçant les métiers les plus pénibles.
A la disparition du quartier, il suivit une bonne partie des Polygonais qui émigrèrent à Kérourien. Il fut ainsi le premier curé de cette cité. Quand il estima que sa présence n’y était plus tellement nécessaire, il partit en Afrique, au Mali, communiquer son savoir et partager son existence avec les plus pauvres.
Il est venu assister discrètement à la dernière fête du Polygone-Point du jour, à la pentecôte 1995, et nous avons tous éprouvé beaucoup de plaisir à le revoir.

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Quartier du Polygone Fête religieuse
Rang du Bas de Gauche à droite Annie Courant. Monique Cariou. Liliane kersaudy. Janick Mallet ?
Rang du milieu de gauche à droite.
Marie France Bergot. Marie Claire Dréau. ???. Alice Nicolas ?. Pépita Telez.
rang du haut de gauche à droite.
Le père Pellen. Eulalie guingan. Nicole Moal. ???.???. Denise Le Guen

Sœur Anselme

N’oublions pas Sœur Anselme issue de la communauté des petites sœurs des pauvres. Elle fit son apparition dans le quartier au début des années soixante. Elle prit peu à peu une place prépondérante jusqu’à devenir presque indispensable pour les habitants du quartier. Elle fut assistante sociale, infirmière, piqueuse, psychologue etc....allant par monts et par vaux et par tous les temps sur sa fidèle motobécane, donnant le meilleur d’elle-même jusqu’à presque l’épuisement.-----

La vie sportive et culturelle

Il n’y avait aucunes activités sportives officielles au Polygone, les sports se pratiquaient essentiellement à l’école ou plus modestement sur les routes du quartier.

Brevet Sportif Populaire

Tous les ans à l’école primaire, sur le stade de la marine, les élèves de l’école passaient des épreuves sportives sous la conduite d’un moniteur de sport municipal envoyé spécialement par la mairie pour l’occasion. Nous avions droit à une carte de B.S.P. pour coller, suivant notre niveau, un timbre avec la mention T.B, B, ou A.B. Je possède toujours dans mon portefeuille cette carte datant de 1958.

Les clubs et patronages voisins

Quelques jeunes du Polygone et du Point du jour s’étaient aventurés à s’inscrire dans l’un des deux clubs proches du quartier ; au stade Quilbignonnais ou alors à la Légion Saint Pierre.

J »ai Joué pour ma part au foot au stade Q. Pour accéder au stade Yves Le Bihan (où est situé maintenant le lycée Dupuy de Lôme), il fallait emprunter la venelle des pendus maintenant disparue. Il y avait un fût de deux cent litres placé sous la gouttière du vestiaire, récupérant les eaux de pluie, que nous utilisions pour nous laver après les matches, les douches n’existant pas encore.
Monsieur Le Gouill présidait, avec beaucoup de dynamisme le club Celui-ci était la filiale sportive du patronage laïque des Quatre Moulins dont s’occupait avec grande compétence son épouse. Beaucoup de filles et garçons du Polygone et du Point du jour fréquentaient ce patronage qui se situait au bout du stand de tir de la marine, à l’emplacement actuel du collège des Quatre Moulins. Tous les jeudis aux beaux jours, nous partions à pied, en chantant allègrement des airs entraînants tel « un kilomètre à pied ça use, ça use, un kilomètre à pied ça use les souliers... », Direction les Quatre-Pompes, Sainte-Anne du Portzic ou la Maison Blanche. La ville compatissante, fournissait aux patronages municipaux, pour les petits colons, des pots de confiture de dix kilos et des gros pains. Nous attendions avec gourmandise 16 heures, car nous avions droit chacun notre tour à notre tartine de pain-confiture que nous bataillaient férocement toutes les guêpes et abeilles des alentours. Plus tard, quand il y eut des cars, on s’aventurait un peu plus loin : aux Blancs-sablons, à Porspoder, à Tréompan ou encore à Porsmilin.

Fréquement, des séances récréatives avaient lieu sur la scène du patronage : du théâtre, des radios-crochets, des films... (Ah ! Charlot !, quel immense personnage, et Laurel et Hardi alors ?). Quelle ambiance dans la salle, toutes les actions étaient commentées bruyamment et avec fort enthousiasme par les spectateurs.

Le deuxième club voisin, la Légion, avec son stade de foot-ball de la route du Valy-Hir, attira aussi plusieurs jeunes du Polygone. Il n’y avait pas de vestiaires et les joueurs pour se changer devaient se rendre au bistrot-restaurant, le Débit Vert. J’ai souvenir de la construction de la tribune qui est actuellement en place. Avec les copains, on ne ratait jamais un match le dimanche, il nous suffisait de traverser les jardins ouvriers qui se trouvaient au dessus du quartier pour nous retrouver directement sur le terrain de foot. Les tit Jean Troadec, Loulou Corvez et autre Guivarch, tous d’excellents footballeurs, nous ont fait beaucoup rêver. C’étaient les fameux canonniers de la Légion, très renommés à l’époque.
Ce club possédait aussi un patronage, « curé » celui-là. Nous allions surtout au cinéma, les tarifs étaient moins élevés que dans les salles traditionnelles ; Nous avons pu voir ainsi les grands classiques du moment : Yvanoé, Robin des bois, Peter Pan...-----

Les cirques

Toutes les semaines, il y avait un ou deux cirques qui venaient planter son chapiteau sur la place, en face de la petite butte. On pouvait y voir des clowns, des jongleurs, des acrobates, des équilibristes etc...Nous étions à chaque fois émerveillés par le spectacle.
En fait, beaucoup de ces cirques évoluaient le plus souvent en plein air. Au début de la représentation, la foule encerclait la piste, attirée par le spectacle. Mais lorsque les quêtes avaient lieu, (ce qui était très fréquent car il fallait bien vivre), le public disparaissait comme par enchantement, et ne réapparaissait qu’une fois la quémande terminée. C’était un jeu de cache-cache qui durait pendant toute la représentation entre les forains et les spectateurs.
Il y avait un spectacle intitulé « la femme papillon », considéré comme un des plus impressionnants. Le noir était alors total sur la scène. Au son d’une musique accompagnatrice et troublante, des jeux de lumière de toutes les couleurs se projetaient sur une femme qui dansait onduler harmonieusement les magnifiques voiles, dont elle s’était drapées ; C’était grandiose et féérique !

La fête du Polygone

Tous les ans, au mois de mai, se déroulait la fête du Polygone sur la place, devant la petite butte. Elle était organisée par un comité des fêtes très dynamique avec comme Président, le patron du bistrot « la boule d’or » : monsieur Caren.
C’était un événement très important. Tout le quartier était en ébullition en attendant ces trois jours de fête. Le clou des festivités était principalement la fête foraine. Les casse-gueules, les chenilles, les toss-toss, les chevaux de bois, les tirs à la carabine remportaient les suffrages des plus jeunes. Les anciens se tournaient plus facilement vers les différentes loteries. La plus imposant, « La loterie Parisienne » était celle qui remportait indiscutablement la palme d’or. Il fallait voir le nombre d e personnes agglutinées devant la roulotte ? Surtout le samedi soir, achetant les billets et regardant avec anxiété les roues de la loterie tourner pour désigner les heureux gagnants. La fête débutait officiellement le samedi après-midi par la course cycliste appelée « le circuit de la Reine ». C’était un circuit de plusieurs tours qui se courait autour du quartier dans un périmètre assez large et dont la ligne d’arrivée se situait sur la route en face de la petite entrée du stade de la marine.
Les meilleurs champions régionaux de l’époque y participaient, je me souviens des célèbres « tours de France » : Arthur Bihannic, Jean Bourlès ? Alain Thomin et autres consorts.
La course était animée par le populaire speaker Mario Cotti, à la voix tonitruante, celui-ci n’avait pas son pareil pour galvaniser les coureurs en leur distribuant des primes à chaque passage, devant le podium installé en face de la ligne d’arrivée.
Le dimanche matin, différents jeux était organisés : la course aux fûts réunissait les gros bras du quartier qui poussaient les tonneaux sur les routes autour du Polygone le plus rapidement possible ; les plus doués étaient bien entendu les dockers, habitués à rouler les fûts de par leur travail au port de commerce.
La course en sac, la course à l’œuf, le mât de cocagne, les courses pédestres de vitesse sur la route du milieu meublaient le week-end, draînant une foule de concurrents et de spectateurs enthousiastes. Les festivités se terminaient par un grandiose tire à la corde opposant les costaux du Polygone à ceux du Point du jour sur le terrain de la marine.

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    18 Messages

    • Du Haut de la Butte Jean Louis Auffret Quartier du Polygone et Point du Jour 19 octobre 2008 23:35, par Yvette Plassart -Saux

      Ma mére fut institutrice au Polygone et elle enseignait au cours préparatoire c’est à dire cette classe ou l’on apprend entre autre à lire à écrire et à compter . Elle me disait toujours que ses bons élèves lisaient le livre de lecture courante juste après les vacances de Noël et les moyens aux environs de Pâques . Je regrette que son nom ne soit pas cité dans cet article sur la vie au Polygone . Elle y est restée en effet moins longtemps que ses amis Mrs et Mmes Bignard et Plassart et elle a ensuite rejoint l’école Jean Macé à Brest « même ».
      Pour ceux qui se souviennent de cette institutrice qui leur racontait de belles histoires et leur apprenait à lire elle s’appelait tout simplement Mme Henriette Plassart .

      • Bonjour ! Je viens de prendre connaissance de votre message, et c’est avec le plus grand des plaisirs que je vais disposer sur le site, les renseignements concernants votre Maman, n’ayant moi même pas connaissance de la vie de cette école, si vous me donnez par mail une photo de votre Maman, et les renseignements sur sa carrière je les disposes sur le site. car votre Maman comme les autres fait partie de l’histoire de Brest, et de cette époque formidable d’aprés guerre. et vous pouvez être fier d’avoir une Maman de cette valeur.

        Cordialement

        Monsieur Perhirin Georges (Du quartier du Bouguen, mais qui a transcrit l’article de Monsieur auffret sur le site).

      • Je me rappelle très bien de votre Maman .J’étais dans la classe de votre père et le jour de couture la porte entre les 2 classes était ouverte et elle lisait un livre .
        C’était la Grande Crevasse ou Premier de Cordée . J’ai toujours relu ces livres en pensant à vos parents qui nous ont fait passer la lecture et la musique .
        Jeannette Kéraudren .
        Je suis en retraite . J’habite la région parisienne où j’ai travaillé 36 ans comme infirmière puis surveillante dans un centre de réeducation .

      • bonjour à vous ,je suis une ancienne élève de votre mère,j’en ai gardé un excellent souvenir ,en fin d’apres midi elle nous lisait les histoires de delphine et marinette je peux vous dire qu’il n’y avait plus un bruit dans la classe.mon frère était dans la classe mitoyènne ou enseignait votre père ,de temps en temps nous entendions le son du violon( c’était inédit pour nous).nous pouvons remerçiertoutes ces personnes qui nous ont donné un enseignement de qualité et sachez qu’elles ne sont pas oubliées car quand les amis du polygone point du jour se réunissent tous les souvenirs affluent.sylvie vasseur boubier

    • Bonjour,

      Je vous cite « Enfants, nous allions rarement à Brest. A six ans, je me souviens de m’être aventuré jusqu’à Quéliverzan avec des copains. J’avais été très impressionné par les grandes maisons en ciment qui se présentaient devant nous et par les militaires qui montaient la garde près de la caserne Fonferrier à l’emplacement actuel de la cité Assolant. Nous sommes vite retournés nous réfugier dans nos baraques. »

      Je suis à la recherche d’informations, de témoignages et de documents sur la caserne Colonel Fonferrier, du nom de mon grand-père.

      Vous serait-il possible d’apporter votre témoignage à ce sujet ?

      Merci à vous l’auteur de ce site et merci aux lecteurs et lectrices qui voudront bien apporter leur témoignage.

    • merci pour cet article !
      cela me rappelle mon enfance, j’ai été à l’école avec Mme Le TREUT, Mme et Mr HERGOUACH...
      je tenais aussi à vous préciser que mon grand-père s’appelait Albert JUIGNE, et était rebouteux au point du jour. je me rappelle de voir beaucoup de monde venir le voir.
      il avait même reçu en cadeau, d’une dame, une salle à manger rustique.

      Moi j’habitais E 12 Point du jour, à côté de la famille TRAVERS.
      Mes grands-parents JUIGNE, et famille TANGUY étaient connus dans le quartier.

      Bien cordialement.
      Vous pouvez me joindre au catherinelastennet@hotmail.fr

      a bientôt !

      • Bonjour , je m’appelle Roger Simon ( à l’époque Roger Meilleur )Je me souviens très bien de votre grand-père car il m’a remis quelques articulations en place.
        Un très brave homme qui soignait les gens gratuitement ( on était pas très riche à cette époque )toujours avec bonne humeur : je crois me rappeler qu’il fumait la pipe non ?
        En lisant les commentaires de ce site , beaucoupe de souvenirs rejaillissent :entre 5 et 10 ans à l’époque , plus de 60 aujourd’hui !!!!!!!!!
        C’était hier !!

    • petit fils de maria perennes on vient de m offrir votre
      livre.pour cette nouvelle annee 2009 ,q uelle surprise
      un probleme je suis constamment a l etranger pour mon
      travail ;je suis ne le 06 09 52 et j invite donc les
      personnes qui me reconnaitrons a me contacter,
      je suis actuellement en finlande et serait sur BREST en septembre ou je compte m y installer pour
      ma retraite,
      je me souviens de jeannette calvez ! j avais 6 ans
      qu el plaisir ce serait de retrouver quelques personnes
      MERCI A VOUS MR AUFFRET
      SALUTATIONS MR CERESNE

      • Les pierres de taille en granit,posées à l’entrée de la chapelle, viennent de la caserne Fonferrier à Queliverzan.Je suis allé les récupérer,la nuit tombée, avec mon tracteur et un groupe d’ados

      • Jeannette calvez 22 novembre 2010 17:31, par Jeannette calvez benoit

        Je suis Jeannette Calvez, mais suis-je la bonne personne.... je suis née à Brest le 9 mai 1951, j’ai quitté Brest à 25 ans après mes études de Droit.
        Peut être à bientôt...

        • Jeannette calvez 7 juin 2011 23:26

          sius merouani catherine coire te connaitreil avait le marche a cote de eglise

    • Bizarre,j’ai les yeux humides !
      Et pourtant, je n’habitais pas au Polygone,par contre,j’y avais de la famille.Nous,les gens qui habitions dans du"dur",avions tendance à considérer les gens du "Poly"comme des individus de"seconde zone",même dans les familles les plus"modestes"qui tenaient à six dans un F2.Le fait d’habiter en baraque avait un côté"dégradant" dans l’esprit des « petites gens ».Le côté fédérateur,pour nous les jeunes,fut le"Patro"où nous nous mêlions sans distinction de statut.Nous apprîmes à nous connaître et à nous estimer.Ce récit est émouvant et me replonge une cinquantaine d’années en arrière.Merci à l’auteur de ce témoignage.

    • bonjour avous tous je m’appelle robert castelle .jai été en classe avec madame hergouach maman s’appellée léonne nous avon veçue au z 26 1947 j’usquant 51 apréeau poindjour au d30 nous étion une grand familles dans le quartier castelle kerdreux tanguy à 64ans j’ais toujour la nostalgie du quartier mercie monsieur aufret de nous remétre en memoire ces souvenir bien avous

    • Du Haut de la Butte Jean Louis AuffretQuartier du Polygone et du Point du jourt
      j ai retrouv toute ma jeunesse grace a votre article
      ROUDAUT ROGER baraque E3 POLY BUTTE

      UN GRAND MERCI