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Un ancien du Bouguen Françis TAANE enregistrer pdf {id_article}
dimanche 26 décembre 2004
par PERHIRIN Georges, Webmaster
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Mon ami. Prenant cet écrit dans ma réserve d’intelligence de « pré-ado » » en t’invitant à rentrer dans mon monde qui finalement est le tien.

Nous sommes à Paris dans le 14 ème ; j’ai 6 ans et grâce à mon oncle Gilbert Forest frère de maman, nous accèderons au paradis des ouvriers, une baraque bien à nous à Brest. Maman pleurait en voyant la baignoire. Le Bouguen
Le BouguenLe Bouguen
Mon caractère, ma personnalité et ma droiture m’ont été inculqués par mes parents mais également par des voisins n’étant pas de la famille, des grands ou petits frères, selon votre âge ou votre feeling.

Du côté du A2 quartier du Bouguen, entouré des familles Perhirin, Guéguen et autre Dantec et Le Penne, deux mots d’ordre : Honnêteté et courage... élevés dans une ambiance de solidarité, le paiement tournant par quartier des alloc’ nous permettait d’emprunter, à condition que vous soyez une famille acceptée, sel, poivre, oeufs, légumes, etc. Mais gare à ceux qui pouvaient, mais qui disaient non. Ils étaient écartés du groupe.

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Le Bouguen sous la neige
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Le Bouguen

LES JEUX :

Cache - Morts :

5 filles et 5 garçons.

On mélange ; la moitié se cache sous une couverture et l’autre moitié compte jusqu’à cent : le jeu consiste à deviner qui est en dessous, pour Francis, Béguine, Aimé, ce jeu permettait sinon de draguer, au moins de peloter.

Le TP toit :

20 à 50 garçons.

Le toit en pente de la baraque du patro ; après la classe, nous nous retrouvions dans cet espace réservé aux jeunes et surveillé par deux hommes exceptionnels, père Arre et père Raoul prêtres ouvriers qui, les pauvres,... n’avaient qu’un défaut : connaître nos parents... Un ballon, une file indienne, le ballon à remettre : deux règles à savoir : Mettre le ballon sur l’arête du toit est déclaré : coup neutre. Le ballon remis trop fort, passe de l’autre côté du toit, le joueur perd la main et est éliminé...

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Le Bouguen

++++Basket-vélo :

Deux équipes de cinq joueurs : Un vélo à chacun, un ballon : sans poser les pieds, marquer le plus grand nombre de paniers à son équipe.

La vie de groupe :

De notre petite hauteur, 10 - 12 ans, nous n’avons pas la notion de l’impact de notre famille sur la pensée du groupe extérieur ; en réalité, inconsciemment, nous ne sommes pas sûrs de la solidité de l’image extérieure de notre famille. Cela ne dure pas longtemps, l’échelle des affinités et de l’amitié régulant les rapports de force eut pour effet de resserrer, avec le temps, la mentalité du Bouguen, qui ne s’est jamais estompée.

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Office des sports année 1945/1946, avenue Foch
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Le Bouguen

Le patronage à la loupe :

Une surface de 500 m², à gauche un espace en forme de monticule recouvert toute l’année d’herbe bien grasse et verte à souhait ; c’est là que nous refaisions le monde, réglions les virgules ou marions les familles hannetons sans état d’âme avec de petites boites vides d’allumettes...

Les toilettes communes :

Lieu très important pour entraîner et affiner notre odorat. C’était l’endroit où l’on se retrouvait après notre sport préféré, nous allions chercher des cigarettes pour les grands (certains rentrant de la guerre d’Algérie) ce qui nous permettait de partager la cigarette de récompense avec les présents, soit 8 ou 10 à tirer comme des malades jusqu’à la dernière taffe...

Découverte de Zorro et histoires sans paroles :

Une grande baraque Américaine faisant fonction de salle de jeux avec billard à champignons, babi - foot, tennis de table et autre salle de cinéma ou dans les grands jours on nous entendait crier et siffler jusque dans les classes de l’école des filles à toucher le patro.

Terrain de basket :

Surface goudronnée, panneaux rarement endommagés, club de basket L’ESPOIR DU BOUGUEN, où la encore se chevauchaient sport, groupe, ados et adultes, famille et amitié dans un monde d’hommes car les filles, tout en étant les bienvenues, ne s’aventuraient pas sur notre domaine de petits machos...

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Le Bouguen
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Le Bouguen Ouest 1961

++++En vrac :

La première télévision du Bouguen ; mon père, toujours sur les bons coups, dès 1958, a fait l’acquisition d’une télévision en location, version monnayeur, où les semaines d’acompte, de paye ou d’allocation ma mère sortait la télé, les chaises et chacun à son rythme venait regarder « Trente - six chandelles », « Au théâtre ce soir » ou « Cinq colonnes à la Une », bien sur munis de pièces de 50 centimes et plus tard d’1 franc ; en général c’était dans un moment important que la télé se coupait et qu’il fallait vite préparer la monnaie.

Ceux qui ont fait notre caractère :

Les prêtres qui n’hésitaient pas à nous donner la leçon si cela se justifiait.

Les soeurs qui racontaient à nos mamans si on déconnait.

Les instituteurs dont le bout de mes doigts se rappellent encore leur éducation simpliste mais efficace.

Le médecin de famille qui auscultait toute la famille pour le prix d’une consultation et souvent repartait sans être réglé car il y avait du retard dans les paiements.

Les commerçants chez qui nous marquions, connaissant toutes les familles, se faisant un plaisir de colporter les petites histoires du jour, en contre - partie, pour 1 franc nous allions acheter de la charcuterie, de quoi manger 3 repas à cinq, cela s’appelait du rabe...

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Jeunes du bouguen
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Cérémonie religieuse le Bouguen

Ils nous ont marqués :

Ces hommes de métiers marginaux qui ont participé à notre éducation au jour le jour, nous enjoignant de nous situer du bon côté de la ligne blanche.

Merci, ferrailleur, charbonnier, vitrier, rémouleur, forains...

Ce qui nous semblait normal à l’époque, relève d’une folie aujourd’hui.

Le facteur, attendu comme le messie, traversant les baraques habitées par une population dite douteuse, transportait quelques millions en espèces sans agression ; le seul danger qu’il connut fut l’agression au “petit rouge”...

Merci à tous ces adultes, hommes et femmes, qui nous ont élevés dans la fierté et le respect.

Un ancien du Bouguen « un ami de tous »

L’animation c’est son rayon.

Francis TAANE « baraque A2 Bouguen Ouest ».

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Cérémonie religieuse le Bouguen
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Cérémonie religieuse le Bouguen

++++Le Baby - Boom :

Le Bouguen, comme le reste de la France dans les années 1940 à 1960, a connu le baby - Boom. Certaines familles de 6 à 15 enfants ( un Président de la république à même été parrain dans l’une d’elles), d’autres plus fréquemment se composaient de 1 à 5 enfants. moi 3ème d’une famille de 6 enfants, 20 ans de baraque, aujourd’hui en H. L. M. A choisir je préfère encore mon ancienne baraque.

 


    3 Messages

    • Un ancien du Bouguen Françis TAANE 27 mai 2011 22:47, par LIZIAR

      Bonjour Francis, je me rappelle de ta famille, ton frère, ta mère, ton père, j’habitais baraque r6 au bouguen ouest, je m’appelle Marie Hélène Aubert, et je suis émue de revoir toutes ces photos, te rappelle tu de moi ? je suis née en1949 !

    • Un ancien du Bouguen Françis TAANE 8 août 2012 17:33, par OLLERO

      MERCI FRANCIS POUR CETTE NOSTALGIE,TOUT CE QUE TU RACONTES C’EST BIEN PASSE ,SALUT Richard OLLERO .

    • une petite fille du cordonier du Bouguen poterne 2 novembre 2013 08:01, par PONDAVEN Renée

      monsieur , je viens de lire vos articles sur les baraques du Bouguen ! Mes grands parents y on vécus aussi , mon grand père PONDAVEN ÉTAIT cordonier , dans une des baraques qui se situait au dessus dela porte du bouguen je cherche des phptos de ce quartier , si vous pouvez me guider dans mes recherches je vous en serez reconnaissante , merci de me répondre