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A propos des baraques sur la route
jeudi 9 juin 2005
par DISARBOIS
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Souvenirs d’un missionnaire de passage à Brest en 1948.





    1 Message

    • A propos des baraques sur la route 16 novembre 2011 12:04, par DISARBOIS

      Cher Monsieur,
      Merci de m’avoir répondu aussi promptement.J’ai procédé comme vous me l’indiquez et je tombe sur une page, fort intéressante au demeurant, mais où il n’est nullement question de passage d’un missionnaire en 1948. Il se trouve que j’ai connu deux missionnaires originaires de Kerbonne , l’un né en 1907, Louis VILLACROUX,de passage à Brest de 1948 à 1950 avant de retourner au Vietnam, il est décédé à la Maison de Retraite de Plougastel en 1999, l’autre né en 1926, Joseph ( dit Job ) RUELLEN , parti en Birmanie en 1952, puis à Madagascar en 1970, il est retiré à la Maison d’Accueil de Lauris dans le Var. Ces deux Pères sont des personnes fort connues à l’époque dans le quartier de Kerbonne.

      S’agit-il de l’un d’eux dans la rubrique annoncée et que je ne parviens pas à ouvrir ? Peut-être pourriez-vous me l’envoyer par un lien , je dont je vous remercie par avance.

      Je suis né à Brest en 1933, y ai vécu en permanence jusque Août 1941 date à laquelle , après les bombardements meurtriers de Juillet , j’ai été évacué par le Secours National vers Pont-Croix et l’école N-D de Roscudon jusqu’en juillet 1943 et d’où j’ai été transféré vers l’école de Saint-Marc elle-même évacuée (maîtres et élèves) vers Fouesnant.

      De retour à Brest en Novembre 1944 j’ai trouvé une ville dévastée, notre logement rue Graveran était à peine habitable....pas d’eau , pas d’électricité , pas de gaz. L’eau , il fallait aller la puiser dans les trous de bombes sur les Glacis ( place de la Liberté ).Pour nous éclairer nous utilisions du carbure dans un embout de masque à gaz percé d’un trou d’épingle dessus et dessous et que l’on posait sur assiette garnie d’eau, dispositif dangereux car il arrivait que le tout explose .Nous avions aussi des bougies récupérées dans les bunkers.

      Mes parents pour revenir à Brest avait suivi le Conseil Municipal lui-même autorisé par les autorités miltaires à entrer dans la ville . Il a été embauché comme cuisinier par le Maire, M.LULLIEN , pour « essayer » de restaurer le Conseil , et c’est avec l’aide du détachement américain encore présent que tous ont pu être nourris. Le détachement s’étant déplacé mon père l’a suivi au Mans d’abord puis au Vésinet. C’est une époque où j’ai plus goûté la cuisine américaine que celle du terroir.

      La réouverture des écoles n’a eu lieu qu’en fin Janvier , en attendant j’ai fait office d’enfant de choeur à l’église Saint-Martin , ou plutôt au cinéma du patronage Saint- Martin église provisoire en attendant que celle qui avait souffert durant le siège soit restaurée. Je puis dire que je n’ai pas chômé car durant ces mois chaque jour voyait se succéder les enterrements , soit que l’on rapatriait les personnes décédées à l’extérieur soit que l’on enterrait les personnes décédées des suites de leurs blessures reçues durant le siège.

      A la rentrée en 1945 j’ai commencé mes études secondaires dans un Petit Séminaire dans la région de Cholet en Maine et Loire, pour ne revenir à Brest que pendant lkes vacances scolaires. Les souvenirs de mon existence à Brest avant et après la guerre sont encore vivaces, et me reviennent souvent les images de ces brestois animés d’un solide courage et d’une certitude que l’avenir serait meilleur, ils se sont retroussé les manches et finalement , même si la ville nouvelle qu’ils ont bâtie n’a rien à voir avec celle qu’ils ont connue elle doit faire la fierté de leurs enfants..."Souviens-toi Barbara ..."

      L’article concernant « Les Américains en France » m’a fortement intéressé car il se trouve que ma famille a pris sa part de l’accueil de ces « yankees ».Ma grand-mère maternelle tenait un blanchisserie rue Amiral Linois et à partir de 1917 une grande partie de sa clientèle a été les officiers de l’armée et de la marine US , elle était concurrente de Guillaume Seznec qui lui se réservait le linge de la troupe.
      Une soeur de mon père a épousé un des « engineer » dont il est question , et ils ont vécu à Brooklyn au moins jusqu’à la guerre puisqu’à partir de 1939 nous n’avons plus eu de leurs nouvelles .

      C’est en vain que j’ai tenté de savoir ce qu’étaient devenus mes petits camarades de jeu lorsque nous habitions entre 1936 et 1939 au 1 allée du cimetière ( actuellement rue Saint-Martin) .C’était une famille juive du nom de Lévy , les enfants s’appelaient du plus âgé au plus jeune Robert, Roger et Henri (Riri) .Lorsque l’immeuble qui appartenait à MonsieurTOUZ, l’employeur de mon père, a dû être démoli nous avons tous déménagé , ma famille a été relogée rue Jean Jaurès toujours chez Touz et les Lévy dans l’immeuble de leur commerce « Au bas Idéal ». Nous les avons perdus de vue et redoutant pour eux un sort analogue à celui de leurs correligionnaires j’ai fait des recherches auprès du Mémorial de la Shoah qui ne possède aucun élément les concernant. Si parmi les internautes qui fréquentent votre site il s’en trouvait
      à avoir le moindre indice pour me mettre sur une voie je lui serait infiniment reconnaissant .Je vous adresserai sur un courriel en PJ des photos prises en 1937 avec moi, ma soeur et les Lévy.

      Je me demande si Emile KERJEAN n’est pas le fils d’Emile KERJEAN ingénieur des Travaux Maritimes que j’ai très bien connu.

      Dans l’immeuble où nous habitions rue Graveran logeaient deux agents de la Deutsch Bahnhoff,est-ce que parmi les internauts fréquentant votre site il s’en trouverait qui sachent leur nombre et leur rôle à la gare de Brest ?
      Pardonnez moi d’avoir été aussi long mais l’intérêt que je trouve dans les différents sujets évoqués dans vos pages m’a inspiré l’idée que mes souvenirs pouvaient aussi intéresser d’autres vieux brestois.
      Bien à vous cordialement.

      Charles LE LANN